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2/La
peinture proprement dite :
Certaines
peintures, comme les bombes de retouche automobile, sont très
sensibles à l'humidité au moment de leur utilisation. En effet,
lorsque la température est trop faible, ou si le lieu où vous
peignez est trop humide, il peut se former en surface une sorte de
halo mat. Repasser une couche ne sert souvent à rien, c'est
l'acétone contenue dans la peinture qui provoque cette réaction en
absorbant l'humidité ambiante. Un air trop chaud et humide peut
également avoir des conséquences néfastes. Evitez donc les caves
et les greniers pour peindre, de même que la cuisine de votre
appartement. Certaines épouses de collectionneurs de véhicules
d'incendie possèdent maintenant des réfrigérateurs roses du fait
de la poussière générée par les peintures, et n'apprécient pas
toujours cette couleur pour leur ameublement ! Le local devra
aussi être exempt de poussières. Il est évident que tout le monde
ne peut utiliser une cabine prévue à cet effet, mais un grand
carton peut faire l'affaire, de même que peindre à l'extérieur, en
fonction du temps et de la saison, évidemment. Si vous choisissez
de peindre en intérieur, dans un débarras, par exemple, il vous
faudra peindre dans un carton d'assez grandes dimensions de
manière à éviter la dispersion des poussières. Prévoyez aussi un
bon éclairage, certains recoins des pièces à peindre étant de
véritables "pièges".

Pour
la manipulation des pièces, il existe plusieurs solutions, en
fonction de leurs tailles et de leurs formes : les plus petites
pourront être posées ou collées sur une plaquette de bois ou de
carton qui facilitera l'application; d'autres pourront être
accrochées à l'aide de crochets en fil de fer, pratiques pour les
suspendre ensuite pendant le séchage; enfin pour les carrosseries
, nous vous conseillons l'emploi d'un gant vinyle ou latex. La
pièce sera manipulée à la main, et tournée pendant la projection
de peinture, afin d'éviter les coulures, essentiellement lors de
la dernière couche. Le plus périlleux sera de reposer la pièce sur
une surface propre, une fois la peinture passée, et ce sans faire
de dégâts. !
Comme nous l'avons vu dans le tableau présenté plus haut,
différentes qualités de peintures peuvent être utilisées, et deux
méthodes d'application s'offrent à vous : la bombe et
l'aérographe.
Faîtes
la bombe …
Prenons
d'abord la bombe, qui est à notre avis la plus pratique. Comme
pour l'apprêt, les premières couches seront passées très finement,
sans chercher à couvrir les pièces. Une surcharge aura pour
conséquence de faire "fuir" les arêtes et creux à la peinture,
celles-ci étant peu faciles à "couvrir". Il est impératif de
laisser sécher la peinture au minimum 15 minutes entre chaque
couche.
La
distance de projection de la peinture est très importante. En
effet pulvérisée trop loin, celle-ci arrive sur les pièces en
étant déjà "séchée", ce qui occasionne un phénomène de peau
d'orange, la peinture n'ayant plus assez de solvant en elle pour
se tendre correctement. Par contre si l'on pulvérise de trop près
, on aura inévitablement des problèmes de coulure, dus à
l'épaisseur non maîtrisée de la couche de peinture. Ces remarques
sont valables pour tous les types de peintures, et pour toutes les
méthodes d'application … sauf le pinceau ou le dégât sera
occasionné directement par l'ustensile !
Une
fois les pièces parfaitement couvertes, c'est-à-dire après un
minimum de trois couches fines, une couche plus épaisse sera
passée, de manière à tendre la peinture. Lors de l'utilisation des
bombes de peinture, il est impératif de bien les secouer avant
chaque application, afin d'obtenir une homogénéité du produit et
de la couleur, certains composants plus lourds se déposant
rapidement. L'avantage des bombes est qu'elles peuvent être
stockées ensuite (après avoir pris soin de les purger selon les
instructions du fabricant), sans obligation de nettoyage du
matériel comme pour l'aérographe.
Pour ceux qui ne manquent pas d'air : l'aérographe …
Pour
l'application des peintures à l'aérographe, il est important de
bien respecter les proportions de solvants et de durcisseurs
préconisées par le fabricant … puis de s'entraîner sur de vieux
objets avant d'attaquer la pièce définitive. Pour les débutants,
l'usage des bombes, s'il peut sembler plus coûteux, est cependant
infiniment plus pratique. En effet, après chaque utilisation, et
même entre chaque couleur, votre aérographe devra être
soigneusement nettoyé afin de le garder en bon état pour la
prochaine utilisation, ce qui requerra une grande quantité de
solvant.
Vos
pièces étant peintes, elles seront disposées dans un endroit
propre et sec, en attendant le durcissement de la peinture. Il est
indispensable également de veiller à les mettre hors de portée des
"petites mains", voire du chat familial par nature très joueur,
les dégâts occasionnés étant pires que ceux laissés par les pattes
d'une mouche, qui pourront toujours être rattrapés par une
application de pâte à polir. Ces finitions feront l'objet de la
suite de nos conseils. Laissons les peintures sécher …
La
plupart des kits actuels comprennent des vitrages thermoformés qui
s'encastrent dans la carrosserie. Afin d'éliminer l'aspect épais
de la résine, nous vous conseillons de peindre la tranche de la
résine en noir mat, ce qui figurera les joints de caoutchouc.
Seront traités ainsi les pare brises, vitres latérales et
arrières, sauf pour les autocars où, dans la réalité, un rebord
subsiste dans la tôlerie sur les vitres latérales.
Les
vitrages plats et les thermoformages seront collés à la colle
universelle (Uhu de préférence, car les traces éventuelles se
nettoient à l'alcool, ce qui vous laisse un droit à l'erreur !).
Attention cependant à ne pas mettre de ces colles en contact avec
la carrosserie extérieure, celles-ci risquant de subir des
outrages irréparables dus aux solvants contenus dans les colles.
Les colles cyanoacrylates sont à proscrire pour les vitrages, car
lors du séchage se dégage un halo blanchâtre qui donnera à votre
modèle l'illusion d'avoir été l'antre d'un fumeur invétéré ! Il
est possible de mettre les vitrages en place à la colle époxy,
mais ceux-ci seront à caler et fixer provisoirement, pendant le
durcissement assez long de ce type de colle.
Les
vitres étant en place, on procèdera à la peinture des détails de
l'intérieur, et à leur mise en place respective. Les couleurs sont
généralement indiquées sur les notices. Pour les couleurs mates,
on utilisera de la peinture à maquettes, appliquée au pinceau.
Pour cela, ne pas utiliser de pinceau trop fin car, si la pointe
est bonne, le réservoir constitué par les poils est trop petit :
on sera obligé de le tremper trop souvent dans la peinture, ce qui
occasionnera des défauts à chaque raccord. Nous conseillons donc
de ne pas descendre en dessous d'un numéro 6 ou 8, en choisissant
un pinceau en "petit gris" dont la pointe sera assez fine. Laissez
les pinceaux en poils de martre aux caïds de la théorie, d'autant
que l'agressivité des peintures et solvants atténuera de toute
façon leur durée de vie.
Pour
la peinture proprement dite, deux techniques existent pour peindre
les détails à peindre en brillant, tels clignotants, petits feux,
pare-chocs, etc…
Avec
les pots de peinture à maquette, on obtiendra un bon résultat,
mais le séchage est long, et durant celui-ci, des poussières
peuvent se déposer sur les pièces.
Il
est également possible de peindre des détails au pinceau en
pulvérisant de la peinture en bombe dans un couvercle plastique ou
un fond de boîte métallique. Sur une pièce importante, tel un
pare-chocs, il ne faudra pas hésiter à passer plusieurs couches
"grassement", la peinture en bombe même passée au pinceau,
s'affinant considérablement au séchage. Inconvénient de celle-ci
par rapport à la peinture à maquettes, elle n'est pas rattrapable
au solvant en cas de bavures.
Pour
les détails tels que clignotants et feux arrières, commencer par
peindre en noir mat l'ensemble du feu, puis appliquer la couleur
choisie en gardant sur le pourtour un filet noir qui figurera le
joint en caoutchouc.
Certaines
pièces rapportées sont à peindre séparément : c'est le cas des
grilles de calandre en photodécoupe chimique. Ce type de pièce est
à détacher à l'aide d'une petite paire de ciseaux ,et non d'un
cutter, afin de ne pas les déformer. Ne pas oublier de peindre en
noir le radiateur figurant derrière une grille de calandre, tout
l'intérêt de la photodécoupe étant dans sa relative
"transparence", comme dans la réalité. Les petites pièces étant
peintes, on procédera à leur mise en place à l'aide de colle époxy
à deux composants. Les pièces chromées éventuelles sont à détacher
de leur grappe de moulage à l'aide d'un cutter. Eviter l'emploi
d'une colle cyanoacrylate pour les raisons évoquées plus haut.
Viendra
ensuite le grand moment : l'assemblage de l'intérieur dans la
caisse, puis le collage du tout sur le châssis, toujours à l'aide
de colle époxy. Attention, lors de ces opérations, au bon calage
des pièces pendant la prise de la colle. La caisse doit être
d'aplomb, et surtout pas trop haute sur les roues. De même,
veiller lors du collage de certains accessoires, à respecter la
réalité. Le conducteur d'un poids lourd n'a généralement pas à
lever les bras au ciel pour empoigner son volant et, à l'inverse,
rarement un cul-de-jatte ne se trouve au volant. Laissez-lui donc
de la place pour passer ses jambes en ne collant pas le volant au
siège !
N'oubliez
surtout jamais que le résultat de vos efforts est directement lié
à leur durée ! Le but de ces maquettes est de retracer l'histoire
du poids lourd de la manière la plus réaliste qui soit. A vous
d'observer au mieux les photographies illustrant votre mensuel
préféré afin de reconstituer le plus fidèlement possible les
souvenirs d'une époque en miniature.
Le
dernier conseil que nous pourrons vous donner sera de ne pas céder
à une certaine forme de course à l'armement ! Ces modèles ne
nécessitent pas un outillage démentiel pour leur assemblage, mais
en priorité du soin et de la méthode. Laissez de côté les pseudos
spécialistes aux yeux desquels vous n'avez de l'importance que si
vous leur achetez le dernier modèle d'aérographe ou de perceuse
hyper - super turbo … Un mauvais maquettiste pourvu d'un matériel
dernier cri sera toujours un mauvais maquettiste, de même qu'un
âne couvert d'un manteau restera un âne. N'investissez qu'à bon
escient et progressivement au fur et à mesure de vos besoins, en
prenant surtout du plaisir à vous recréer un parc automobile
miniature attrayant et personnalisé.
Jean-Jacques EHRLACHER
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